Nissan Skyline GT-R : que signifient vraiment les lettres « GT-R » ?
Au Japon, la Nissan Skyline GT-R naît entre route et circuit, des années 60 à aujourd’hui. Derrière trois lettres seulement, une histoire bien plus ambitieuse se cache...
On reconnaît tout de suite une Nissan Skyline GT-R : ailes larges, aileron de R34, six cylindres qui hurlent dans les jeux et au cinéma. Pourtant, derrière ce petit badge rouge et argent, la plupart mélangent encore les versions sur ce que veulent dire les trois lettres. Entre "Grand Touring Racer", raccourcis fantaisistes et confusion avec le jeu Gran Turismo, la vérité est plus précise. GT-R renvoie à une idée très européenne, récupérée par les ingénieurs japonais, puis incarnée sur circuit par des moteurs de course adaptés à la route. C’est là que l’histoire devient intéressante.
GT-R : la vraie signification du sigle chez Nissan
Sur les documents historiques, GT-R est l’abréviation de Gran Turismo Racing. "Gran Turismo" vient de l’italien et désigne une voiture rapide, capable d’avaler de longues distances dans un bon confort, l’équivalent de notre grand tourisme. Nissan a choisi cette formule italienne jugée plus exotique qu’un simple "grand tourer". La lettre R ajoute l’idée de compétition : la GT-R doit rester une GT utilisable tous les jours, mais nourrie de technologie de course. Dans la communication récente, Nissan détaille parfois G pour "grand tourer" et R pour "racing technology". Dans les deux cas, le message est le même : route plus course, sans compromis trop visibles depuis le siège conducteur.
D’où viennent les GT et le R : Prince, Suzuka et moteur S20
Avant Nissan, il y a
Prince Motor Company, qui lance la gamme Skyline en 1957 comme
berline et break bien élevés, pas vraiment sportifs. Le virage
arrive en 1963 avec le Skyline Sport Coupé, puis
surtout en 1964 avec la S54 Skyline GT, pensée pour le
Japan Grand Prix de Suzuka, où elle finit deuxième
derrière une Porsche 904 Carrera GTS. Le "R" se
forge quelques années plus tard autour du prototype Prince R380,
développé pour enfin battre Porsche.
Sous sa carrosserie profilée, un 2,0 litres double arbre GR-8
d’environ 200 ch décroche la victoire au Japan Grand Prix 1966.
Après la fusion Prince–Nissan, ce GR-8 sert de base au 2,0 litres
S20 de 160 ch qui équipe, en 1969, la première Nissan Skyline 2000
GT-R : le R signale clairement cet héritage Racing.
Vingt ans plus tard, la
R32 GT-R remet les pendules à l’heure. Son six en ligne biturbo
RB26DETT, officiellement limité à 276 ch,
travaille avec la transmission intégrale pilotée ATTESA
E-TS. L’ensemble permet à la Skyline GT-R de remporter
toutes les courses de son programme pro au Japon entre 1989 et 1993
et d’écraser les championnats de tourisme en Australie, où elle
gagne le surnom de "Godzilla". Les R33 puis
R34 prolongent cette recette, jusqu’en 2002,
dernière année de la Skyline GT-R.
En 2007, la R35 arrive sans le nom Skyline, rebaptisée simplement Nissan GT-R, mais le sens du badge reste identique : une GT utilisable au quotidien, construite autour de solutions issues de la course, fidèle à l’esprit Gran Turismo Racing des origines.














