Romain Grosjean fait le bilan
Après avoir été titré en GP2 Asie, Romain Grosjean était l'un
des favoris pour la saison estivale du GP2. Il a toujours été
performant mais il est souvent passé à cause de bons résultats. Il
termine le championnat à la quatrième place, ce qui fait de lui le
meilleur débutant. Mais il échoue tout près de Lucas di Grassi,
également pilote du Renault Driver Development et essayeur pour
l'équipe française en F1.
"Il me manque deux points, c'est dommage," déplore le
Franco-Suisse. "En arrivant à Monza mon objectif était de terminer
sur le podium du championnat GP2 Europe…"
Grosjean connaissait le circuit de Monza mais il a dû trouver de
nouveaux repères: "La dernière fois que j'avais roulé ici c'était
en Formule Renault. Ma première mission était donc de prendre mes
marques mais la météo a douché mes espoirs ! Il pleuvait pendant
les essais libres et les qualifications ont été épargnées par la
pluie…"
Plongé dans l'inconnue en qualifications, il n'a signé que le
onzième temps: "Honnêtement je n'ai pas été assez performant en
qualifications," reconnaît-il. "Je n'ai pas réussi à trouver mes
repères et nous avons constamment couru derrière les réglages. En
30 minutes d'essais ça faisait beaucoup de paramètres à
maîtriser."
Il a beaucoup plu avant la première course et le départ a été donné
derrière la voiture de sécurité. Une fois la course lancée,
Grosjean a réussi une belle remontée: "J'ai fait une belle course,
sage avec une voiture qui ne m'inspirait pas confiance mais qui m'a
permis d'entretenir l'espoir de finir dans le tiercé de tête du
championnat. J'ai perdu énormément de temps derrière Rodriguez et
Buemi était déjà loin lorsque j'ai enfin pu trouver l'ouverture.
J'ai donc assuré la 5è place en pensant au lendemain."
La deuxième course a également eu lieu sur une piste humide et le
pilote de l'équipe de France FFSA a entamé une nouvelle remontée.
Il avait réussi à prendre la deuxième place mais il termine
finalement troisième à cause d'une erreur.
"Nous avions pensé que la météo serait clémente, mais il pleuvait.
Nous avons constamment jonglé avec les réglages et des compromis
pas toujours très heureux. En course j'ai été gêné par D'Ambrosio
qui a coupé la chicane par deux fois et a gardé sa position. On m'a
demandé pourquoi il n'avait pas été sanctionné… je ne sais pas !
Une fois 2è, j'ai tout donné pour essayer de remonter sur le leader
car j'avais encore une chance de passer devant Senna et Di Grassi
au championnat. J'ai commis une faute en attaquant et je n'ai pas
trop de regrets à avoir. Les points perdus plus tôt dans la saison,
sans que l'écurie ni moi n'ayons quoi que ce soit à nous reprocher,
font bien plus mal."
Grosjean avait remporté le titre dans les deux derniers
championnats où il avait pris part, la F3 Euro Series et le GP2
Asie. "Je conserverai un excellent souvenir de cette saison et de
mon travail avec une écurie fabuleuse," souligne néanmoins le
pilote ART. " Nous avons obtenu un titre en GP2 Asie et si le GP2
Europe s'est moins bien déroulé nous avons démontré que nous avions
le potentiel pour réussir de grandes choses. C'était certainement
l'année la plus difficile de ma carrière car c'était une découverte
totale et plus on grimpe dans la hiérarchie plus la pression monte.
Le titre Asie était fabuleux et on attendait beaucoup de moi par la
suite."
Grosjean a toujours été rapide mais il déplore un "cruel manque de
réussite": "J'en veux pour preuve les seuls avatars du Hungaroring
et de Magny-Cours : dans le premier cas je crève dans le tour de
formation alors que je suis en pole position et dans le second je
suis en tête lorsqu'une pièce à 20€ casse et ruine tous nos
efforts. Et puis il y a Valence où mon ancien équipier Filippi me
percute volontairement alors que j'étais en route pour une
victoire…"
Cette semaine, Romain Grosjean est à Jerez, avec Renault, mais il
n'est pas prévu qu'il roule. Il a des chances de titularisation
mais il ne sait pas ce qu'il fera en 2009. "Cela dépendra avant
tout de ceux qui travaillent efficacement à mon parcours. Une 2è
année en GP2 ? Pourquoi pas, si ça devait être le cas j'aimerais
que ce soit avec ART Grand Prix car cette écurie est tout
simplement fabuleuse. La F1 ? C'est le but ultime, mais il ne faut
pas brûler les étapes et je suivrai les conseils avisés de l'équipe
qui m'encadre."
D'après un communiqué de presse Equipe de France FFSA.














