Sebring Peugeot s’offre le doublé
Après avoir été battue par Porsche il y a deux ans et par Audi
l'an dernier, Peugeot était le seul constructeur de premier plan
présent cette année. L'équipe française n'a donc pas eu de mal à
remporter la seule grande épreuve qui manquait à son palmarès.
La N°07 (Gené/Wurz/Davidson) et la N°08 (Minassian/Lamy/Bourdais)
ont tour à tour occupé la première place. Les stratégies ont été
décalées, avec des changements de pilotes à des moments différents.
Pour chacune des deux voitures, le dernier changement de pilote a
été fait sous drapeau jaune, mais pas lors de la même interruption
de course.
Alex Wurz a donc dû rester dans sa voiture plus longtemps que
Sébastien Bourdais en fin de course. L'Autrichien a fait son
dernier ravitaillement quelques tours avant le Français. Bourdais a
profité de ses tours en piste supplémentaires pour attaquer mais il
a repris la piste derrière son équipier. En voulant attaquer,
l'ancien pilote Toro Rosso a même fait un tête-à-queue au premier
virage. Plus tôt dans la course, c'est Anthony Davidson qui avait
fait une erreur de cet type.
La N°07 n'a donc plus eu qu'à assurer jusqu'à l'arrivée. Peugeot
est le premier constructeur français à gagner à Sebring. Anthony
Davidson s'impose dès sa première course dans la 908 alors que
Sébastien Bourdais court toujours après une victoire dans ce
prototype. Maigre consolation pour le Français: il a signé le
meilleur tour en course.
Peugeot réalise également ce qu'on appellerait un "Petit Chelem" en
tennis, avec trois victoires successives dans les trois plus
grandes courses: Le Mans, Petit Le Mans et Sebring, sur deux
saisons.
L'Aston Martin N°007 (Mücke/Primat/Fernandez) a passé l'essentiel
de la course à la troisième place. Malgré une excellente vitesse de
pointe, le prototype anglais ne pouvait pas rivaliser avec les
Peugeot.
La Lola-Judd Drayson N°8 (Drayson/Cocker/Pirro) a été très
performante dans la première heure mais des soucis d'alternateur
lui ont fait perdre du temps. Elle a eu un nouveau problème en fin
de course. La voiture de Paul Drayson, ministre en Grande-Bretagne,
termine donc à la quatrième place de la catégorie.
En P2, la course a d'abord été dominée par l’Acura Highcroft N°1
(Brabham/Pagenaud/Franchitti), qui a quitté le modèle P1 pour
revenir au P2 cette année, afin de faire des économies. A quatre
heures de l'arrivée, l'équipe a été frappée par un problème
électrique qui lui a fait perdre une demi-heure.
C'est donc la Porsche Cytosport N°6 (Pickett/Graf/Maassen) qui
s'impose. La RS Spyder avait gagné cette épreuve au classement
général il y a deux ans, en profitant de circonstances favorables,
mais elle était engagée par Penske, une équipe bien plus puissante.
Cette victoire en P2 est même un peu inattendue puisqu'il était
prévu depuis un an que la RS Spyder ne soit plus engagée en ALMS,
jusqu'à l'arrivée de Cytosport.
La Lola-Mazda Dyson N°16 (Dyson/Smith/Meyrick) a eu des soucis
techniques dès le début de course. Elle termine troisième et
dernière de la catégorie P2.
En GT2, la course a été très animée dans les premières heures mais
la Ferrari Risi N°62 (Melo/Kaffer/Bruni) a profité des problèmes de
plusieurs concurrents pour prendre la tête et contrôler l'épreuve à
partir de la mi-course.
Les deux BMW Rahal complètent le podium, avec la N°92
(Auberlen/Milner/Werner) devant la N°90 (Hand/Müller/Priaulx), qui
était deuxième avant un tête-à-queue de Dirk Müller dans le tout
dernier tour ! L'Allemand avait fait un passage hors de la piste
plus tôt dans la course.
La Porsche Flying Lizard N°45 (Bergmeister/Long/Lieb) prend la
quatrième place malgré le temps perdu suite à un contact avec une
roue perdue par la Porsche Falken N°17 (Sellers/Henzler/Pilet), qui
a mené en début de course mais qui a finalement perdu de nombreuses
places.
La Ferrari Extreme Speed N°01 (Sharp/van Overbeek/Farnbacher) était
quatrième avant de rencontrer des soucis techniques. Sa course
s'est terminée avec un spectaculaire incendie. Cette équipe,
dirigée par Scott Sharp lui-même, fait ses débuts cette année.
La course a été un calvaire pour Corvette. La N°3
(Magnussen/O’Connell/Garcia) a eu des soucis en début de course et
elle s'est accrochée avec la N°4 (Beretta/Gavin/Collard) plus tard.
La Jaguar a eu une course très brève, avec un problème technique en
tout début d'épreuve.
En LMP Challenge, où toutes les équipes ont une Formula Le Mans
conçue par ORECA, la Level 5 N°55 (Tucker/Bouchut/Wilkins) a été
l'une des rares épargnées par les problèmes. Elle remporte la
catégorie devant la Green Earth Gunner N°99
(Zugel/Jeannette/Julian).
La Peugeot N°08 n'étant que deuxième et l'Acura Highcroft ayant eu
des problèmes, Christophe Bouhut est le seul Français a s'imposer à
Sebring cette année. Il fera son retour en P1 cette année au Mans,
sur une Audi R10 de l'équipe Kolles.
Dans la catégorie GT Challenge, les Porsche d'Alex Job ont dominé.
La N°81 (Gonzalez/Leitzinger/Keen) s'impose devant la N°23
(Sweedler/Kapudija/Lueders) et la N°80 (Gonzalez/Diaz/Kelly).














