McLaren justifie la stratégie d'Hamilton

La dernière fois que Lewis Hamilton avait ravitaillé sous régime
de voiture de sécurité, au Canada, il avait percuté Kimi Räikkönen
au bout de l'allée des stands. McLaren sait que les risques sont
nombreux lors d'un ravitaillement, surtout lorsque toutes les
pilotes le font en même temps.
L'écurie anglaise a donc considéré qu'il était plus prudent de
laisser son pilote en piste lorsque la Safety Car était en piste
pendant le Grand Prix d'Allemagne, contrairement aux choix de la
concurrence. Lewis est reparti derrière Heikki Kovalainen, Felipe
Massa et Massa Piquet, et il a dû les doubler pour pouvoir
s'imposer. Cette stratégie n'a donc pas fonctionné.
"Quand la voiture de sécurité a été déployée, nous avons évalué les
options et senti que laisser Lewis en piste avec peu d'essence sur
une piste claire l'emportait sur les difficultés potentielles de le
faire ravitailler, ce qui aurait pu le faire descendre dans la
hiérarchie tout en pénalisant Heikki, qui aurait dû attendre dans
l'allée des stands derrière Lewis," explique Martin Whitmarsh, le
numéro deux de McLaren.
Whitmarsh reconnaît néanmoins des erreurs de jugement: "Nous avons
également été touchés par des facteurs que l'on ne pouvait pas
prévoir. Tout d'abord, la voiture de sécurité est restée en piste
plus longtemps que ce que l'on avait prévu, ce qui a réduit le
nombre de tours où Lewis pouvait creuser l'écart."
"Ensuite, plus de voitures ont ravitaillé que nos prévisions
l'indiquaient, ce qui veut dire qu'il y avait moins de trafic entre
Lewis et Felipe après la voiture de sécurité. Enfin, on pensait que
Lewis aurait un avantage en roulant avec peu d'essence et des pneus
usés. En fait, l'évolution de la piste a donné un avantage aux
voitures chargées en carburant. Cela lui a compliqué la tâche."
Lewis Hamilton avait été le premier homme de tête à ravitailler, au
18ème tour, mais il avait fait un arrêt plus long que Felipe Massa.
Il devait donc faire son deuxième arrêt plus tard: "Il ne faut pas
oublier que c'était moins évident pour Lewis [de passer aux stands
pendant la sortie de la voiture de sécurité] parce que nous avions
mis plus d'essence que dans les autres voitures pendant son premier
arrêt," confirme Whitmarsh. "Nous avions un relais plus long que
ceux des autres équipes, qui étaient plus proches de leurs
deuxièmes ravitaillements quand la voiture de sécurité est
arrivée."
"C'était donc un choix plus évident que pour nous. Et je suis
certain que celui de Ferrari a été plus simple: ils n'allaient
probablement pas nous battre. Et si cela avait été l'inverse, nous
aurions sans aucun doute été critiqués si Massa était resté, qu'il
avait creusé l'écart avant de faire un “splash and dash” [un arrêt
aux stands très court] avant l'arrivée."
Martin Whitmarsh estime également que cette stratégie a profité à
certains pilotes, comme Nick Heidfeld: le pilote BMW Sauber a
choisi de rester en piste pendant la voiture de sécurité pour
ravitailler après. Alors qu'il était hors du top 10, l'Allemand a
pu finir quatrième. "Il ne faut pas oublier que Nick Heidfeld a
fait marcher la stratégie [...], donc cette stratégie reste bonne,"
insiste Whitmarsh. A la différence que Heidfeld a pu doubler des
concurrents en ne ravitaillant pas pendant la Safety Car, alors que
Hamilton a simplement vu son avance réduite à néant...














