Franck Montagny a souffert au Mans
Les pilotes de la Peugeot N°8 avaient le regard dans le vide
après l'arrivée des 24 Heures du Mans. Sébastien Bourdais, Franck
Montagny et Stéphane Sarrazin étaient satisfaits d'avoir contribué
au doublé de Peugeot, mais visiblement déçus de ne pas être sur la
première marche. A à eux trois, ils totalisent désormais sept
podiums au Mans, mais aucune victoire !
Cette victoire leur semblait pourtant promise. La N°8 était en pole
et elle a creusé l'écart en début de course. Mais elle a perdu du
temps dans la soirée, à cause de plusieurs petits problèmes.
Alors à la deuxième place, Bourdais, Montagny et Sarrazin rêvaient
toujours de s'imposer. Ils étaient les plus rapides et il était
possible de revenir sur la N°9. Peugeot a mis fin à leurs espoirs
au lever du soleil, en décidant de geler les positions pour assurer
son doublé.
A l'arrivée, les sentiments étaient donc mitigés pour les pilotes
de la N°8. "Je suis allé sur ce podium avec les mâchoires serrées..
Desolé..." reconnaît Franck Montagny sur son site officiel. "Je ne
suis pas fier de ce moment pour mes gars, pour tout le travail que
nous avons abattu, j'aurais dû avoir un sourire de fierté pour
appartenir à cette famille…"
"Mais rassurez-vous quelques heures après, j'étais le premier à
ouvrir les portes de camion frigo pour offrir des drink aux
vainqueurs 2009…et avec le sourire !"
Pour Montagny, la souffrance a surtout été physique durant les 24
Heures du Mans. Il s'est fracturé le péroné quelques jours avant la
course, lors d'un stage d'entraînement à Chamonix.
"Sincèrement je n'ai jamais douté, jamais l'ombre de ma non
participation n'a effleuré ce qui me sert de cerveau" affirme-t-il
sur son site. Mais il boitait encore dans l'escalier reliant le
podium à la salle de presse et la douleur était très forte: "Ne
vous y trompez pas j'ai bien douillé pendant ces quelques jours.
C’est simple, je viens juste d'avoir le feu vert pour recommencer
les entrainements."
"Mais pour moi, c'était plus simple à gérer en disant que tout
était OK, sans laisser la place au doute. De cette façon, je
donnais l'image que j'avais un simple bobo et aucun journaliste,
aucun membre du staff ne pouvait se préoccuper de l'évolution de la
jambe. Du coup, je pouvais me concentrer sur mes récups et
j'arrivais à gratter pas mal de temps de repos."














