Dakar La journée des deux roues motrices
Le Dakar est décidément bien une épreuve unique en son genre, où
tout peut arriver, y compris et surtout l'inattendu. En moto, David
Frétigné semblait bien le seul surpris de la victoire de sa Yamaha
deux roues motrices dans la très boueuse spéciale de Narbonne. Qui,
en revanche, eut misé ce matin sur un succès d'une deux roues
motrices en auto ? C'est pourtant ce qui s'est produit avec la
victoire de la Schlesser-Ford de José-Maria Servi... avant que
l'épreuve ne soit définitivement arrêtée suite à l'enlisement en
travers de la piste d'un concurrent, puis du bulldozer venu le
dégager !
Malgré la gadoue, conséquence des quelque 500 mm de pluie tombés
ces derniers jours, le sourire se lisait sur le visage plus ou
moins moucheté de tous les concurrents moto : « C'était très sympa,
un vrai parcours d'Enduro, jubilait Alfie Cox, orfèvre en la
matière. C'est presque frustrant d'avoir du le faire avec cette
grosse bête (la KTM 660cc N°10) » Le Sud Africain expliquait
ensuite que, étant l'un des premiers ''gros bras'' à s'être élancé
et la piste se ''nettoyant'' au fil du passage des concurrents, il
redoutait fort de rétrograder au fur et à mesure du franchissement
de la ligne de chronométrage par ses pairs. Crainte vérifiée,
puisqu'il se retrouvait finalement 9ème, mais le vainqueur n'allait
pas être l'un de ses collègues pilotes d'usine KTM
David Frétigné (N°12), en effet, paraphait la toute première
apparition de la Yamaha 450 deux roues motrices dans une ''vraie''
spéciale du Dakar par une victoire : « Je me sentais bien, et c'est
vrai que, malgré la faible adhérence, j'arrivais à remettre les gaz
très tôt en sortie de virage. Mais je ne pensais vraiment pas être
allé aussi vite. » Et vraiment vite : si Cyril Desprès (KTM N°2),
deux fois 2ème en deux jours, ne concédait que 15'', ''Nani'' Roma
(KTM N°4) en abandonnait 57, Richard Sainct (KTM N°1) 58, et tous
les autres plus d'une minute. Si la vedette du prologue, Matteo
Graziani (KTM N°45), se montrait un peu plus discret (14ème), un
autre ''sans grade'' sortait de l'anonymat en la personne du
néophyte letton Janis Vinters (KTM N°183), étonnant 8ème.
En automobile, contre toute attente - et contrairement aux
apparences brutes -, c'est pratiquement l'inverse qui s'est produit
: autre succès d'une deux roues motrice... mais, dans ces
conditions d'adhérence pour le moins précaires, tout le monde
attendait une quatre roues motrices ! Là encore, l'auteur du fait
d'armes, José-Maria Servia (Schlesser-Ford N°209), se montrait le
premier surpris : « On n'a pratiquement fait aucune erreur, mais de
là à imaginer que ça suffirait pour gagner... » De là à également
imaginer que tous les autres en ont commis, il n'y a qu'un pas
qu'il serait peut-être hâtif de franchir - d'autant que Stéphane
Peterhansel (Mitsubishi N°203) ne concède que 3'', et les deux BMW
de Grégoire de Mévius (N°212) et Luc Alphand (N°207) 26 et 35
respectivement -, mais c'est incontestablement vrai pour certains.
Comme les "Nissan-boys" Giniel de Villiers (N°208), 16ème, et
Kenjiro Shinozuka (N°215), 37ème et tout triste, tous deux auteurs
d'une touchette ayant même revêtu pour le Sud Africain la forme
d'un tonneau !
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour Nissan
même si
l'on pourrait dire que c'est en fait hier (soir) que la poisse a
commencé à frapper, sous la forme d'un court-circuit survenu dans
le tableau de bord de la voiture d'Yves Loubet (N°210) et ayant
entraîné la destruction de l'ensemble du faisceau électrique
et un
abandon on ne peut plus prématuré.
Plus heureux était le qatari Nasser Al Attiyan (Mitsubishi N°259),
12ème du prologue hier et 7ème aujourd'hui, malgré 5 km passés
bloqué derrière le concurrent parti 2 minutes avant lui. Claude
Arnoux (Buggy N°242) mettait, bien involontairement, fin aux
festivités en s'enlisant en travers de la piste : la route, minée
par les eaux, s'effondrait en effet sous le bulldozer venu pour le
dégager, et la spéciale s'arrêtait là. Tous les concurrents auto
restants se voyaient crédités forfaitairement du chrono du 46ème
(Poirault, ça ne s'invente pas !)
et les camions devront attendre
demain et le sable (déjà ou enfin !) de la plage de Castellon pour
vivre leur premier affrontement officiel.
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D'aprés un comuniqué de presse














