Lamborghini savait que les passionnés pleureraient la disparition du V10 atmosphérique

Publié le 30 septembre 2026 à 15:00
Lamborghini Huracan STO : peut-on encore la sauver dans cet état ?

Le V10 atmosphérique de Lamborghini nous manque. Mais c’était certain. La marque elle-même s’en doutait d’ailleurs.

Remplacer le célèbre V10 atmosphérique de la Huracán n’avait rien d’une décision anodine pour Lamborghini. À Sant’Agata Bolognese, la marque savait parfaitement que le passage à un V8 bi-turbo hybride avec la nouvelle Temerario ferait grincer des dents. Elle assume aujourd’hui ce changement. Tout en reconnaissant que le caractère et surtout la sonorité du 10 cylindres appartiennent désormais au passé.

Lamborghini s’attendait aux critiques après l’abandon du V10

Paolo Racchetti, responsable de la gamme Temerario chez Lamborghini, reconnaît que la réaction des passionnés avait été anticipée. Plus que de véritables critiques, il estime qu’il s’agit surtout de nostalgie.
Et pour cause : le V10 atmosphérique de 5,2 litres constituait l’un des éléments essentiels de la personnalité de la Huracan. Sa montée en régime, l’absence de suralimentation et surtout sa sonorité avaient largement contribué à définir la supercar.
Lamborghini savait donc qu’il serait pratiquement impossible de reproduire exactement cette expérience avec son successeur. Pourtant, le PDG de la marque y croyait. Il pensait bien que le V8 hybride ferait oublier le V10. Mais au fond de lui, ils savait que la nostalgie serait trop forte.
La Temerario emprunte justement une voie radicalement différente. Son moteur thermique possède désormais huit cylindres, deux turbocompresseurs et travaille avec une importante électrification. Autant dire qu’il fallait s’attendre à ce que certains passionnés ne soient pas convaincus.

Un V8 biturbo hybride qui grimpe à 10.250 tr/min

Le nouveau V8 de 4,0 litres est associé à trois moteurs électriques. Malgré la présence des turbos, Lamborghini a réussi à lui faire atteindre un régime maximal spectaculaire de 10.250 tr/min.
La marque ne cherche d’ailleurs pas à présenter sa sonorité comme une imitation du V10. Paolo Racchetti reconnaît que l’ancien moteur possédait une tonalité plus mélodieuse. Le V8, notamment grâce à son vilebrequin à plat, doit offrir une personnalité différente, plus agressive et davantage « rock’n’roll ».
Le caractère de la Lamborghini Temerario évoluerait également fortement selon le régime moteur. Sous les 7.000 tr/min, Lamborghini la présente comme une supercar relativement raffinée. Une fois cette limite franchie, son comportement et sa mécanique doivent se rapprocher davantage de l’univers de la compétition.
L’abandon des 10 cylindres ne résulte pas uniquement d’une volonté de changement. Le durcissement progressif des réglementations concernant les émissions et le bruit complique la survie des moteurs atmosphériques de forte cylindrée.

Lamborghini suit donc une tendance désormais largement répandue. Réduire la cylindrée, ajouter des turbocompresseurs et utiliser l’électrification pour maintenir un haut niveau de performances.

Les clients semblent avoir accepté la Lamborghini Temerario

Même la Revuelto, qui conserve le prestigieux V12 de la marque, associe désormais son moteur thermique à un système hybride. La disparition du V10 n’empêche visiblement pas les acheteurs de s’intéresser à sa remplaçante. Lamborghini indique disposer d’environ une année de commandes pour la Temerario.
Le passage de dix à huit cylindres et l’arrivée de deux turbos n’ont donc pas provoqué de rejet commercial massif du nouveau modèle. Cela ne signifie évidemment pas que les amateurs ont oublié la Huracán. Lamborghini elle-même reconnaît la place particulière occupée par son ancienne mécanique et ne cherche pas à nier les différences entre les deux générations.
La Temerario illustre finalement la nouvelle recette de Lamborghini. Des moteurs thermiques toujours très performants, mais épaulés par une électrification devenue difficile à éviter.
Cette stratégie devrait également concerner les prochains modèles. Le futur grand tourisme 2+2 de la marque devait initialement adopter une motorisation entièrement électrique.

Il devrait finalement recevoir un moteur à essence lorsqu’il entrera en production vers la fin de la décennie. Lamborghini aurait en effet constaté, à travers ses études internes, un intérêt presque inexistant de ses clients pour une voiture 100% électrique.

Nos marques populaires Voir tout
À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
Ses derniers articles
Sport Auto