Ils ont mis un V8 de 388 ch dans une Classe B : l’incroyable Mercedes B55

Publié le 29 septembre 2026 à 07:30
Ils ont mis un V8 de 388 ch dans une Classe B : l’incroyable Mercedes B55

Sous ses airs de monospace familial, cette Mercedes Classe B cache un V8 5,5 litres de 388 ch. Une création unique réalisée par des apprentis de l'usine de Rastatt.

Au milieu des années 2000, Mercedes-Benz vivait un drôle de grand écart : d’un côté des AMG gavées de gros V8 atmosphériques, de l’autre une sage Classe B de famille, haute sur pattes et très raisonnable. Entre les deux, un ovni : la Mercedes B55, une simple Classe B transformée en propulsion à moteur V8 par des apprentis de l’usine de Rastatt.

À l’origine, c’était un banal B200 CDI utilisé pour la formation. Les apprentis l’ont vidé, greffé un V8 5,5 litres de Classe E donné pour 388 ch, puis transformé la voiture en propulsion. Résultat annoncé : 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et 250 km/h en pointe, dans une caisse de monospace qui n’attire aucune méfiance.

Naissance de la Mercedes B55 : le pari un peu fou de Rastatt

Tout part d’une idée de Peter Wesp, directeur de l’usine de Rastatt, qui veut offrir un vrai défi à ses apprentis. Il demande à Andreas Würz, responsable de la formation technique, s’il serait possible de faire une Classe B très spéciale. Mètre ruban en main, Würz mesure le compartiment moteur et constate qu’un gros V8 peut tenir sans découper la coque.

Douze apprentis issus de la mécanique de production et de la mécatronique automobile récupèrent alors un châssis de Classe B réservé aux travaux pratiques. La consigne est claire : conserver la structure d’origine, garder un habitacle complet et un volume familial, tout en installant le bloc de Classe E, la boîte auto 7G‑Tronic et une transmission arrière avec un maximum de pièces maison.

Sous le monospace, une vraie fiche technique de sportive

L’intégration mécanique n’a rien d’un simple échange standard. Le V8 prend place dans le compartiment moteur sans modification majeure de la coque, mais il faut revoir la direction et fabriquer un échappement sur mesure, avec deux sorties au centre du pare-chocs arrière. Le plancher sandwich de la Classe B sert de tunnel pour l’arbre de transmission relié à un essieu arrière de Classe E.

Pour encaisser la cavalerie, les apprentis montent des combinés filetés KW et récupèrent un système de freinage AMG, avec de larges disques perforés et ventilés. La B55 repose sur des jantes AMG de 18 pouces chaussées de pneus nettement plus larges que ceux d’origine et affiche environ 1 620 kg, soit à peine 180 kg de plus qu’une B200 CDI classique.

Une Mercedes B55 introuvable en concession, mais pas oubliée

Le projet voit le jour en 2010, alors que le V8 5,5 litres commence déjà à céder sa place au 6,2 litres AMG. La B55 n’a jamais été pensée pour la série : coûts d’homologation, image de monospace familial et fiscalité auraient rendu une Classe B V8 invendable ou presque.

La voiture est restée dans le giron de la marque, présentée ponctuellement lors d’événements et dans les communications du musée Mercedes-Benz, notamment dans des vidéos où l’on voit le monospace fumer ses pneus arrière comme une vraie AMG. Les récits parlent d’un loup déguisé en mouton, avec des reprises explosives dans un format compact. Une réalisation devenue difficilement imaginable dans la gamme Mercedes actuelle.

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