F1 - Les dépassements deviennent « créatifs »

Les dépassements sont plus difficiles cette année mais Romain Grosjean y voit un défi pour être plus créatif. Doubler reste possible.
Le règlement 2017 a rendu les dépassements plus difficiles. Les
appuis supplémentaires rendent les monoplaces plus sensibles aux
turbulences quand un pilote est dans le sillage d'un rival, ce qui
fait perdre des appuis et donc de la vitesse. Romain Grosjean
confirme cette difficulté mais il n'y voit pas un problème. Le
pilote peut toujours doubler, mais il doit trouver des solutions
originales.
« Je pense que les dépassements sont vraiment plus durs
qu’avant, ce qui n’est peut-être pas mauvais, » estime
Grosjean. « Il faut être un peu plus créatif pour tenter sa
chance. C’est assez cool. Les dépassements resteront très
difficiles sur certaines pistes, et sur d’autres ce ne sera pas le
cas. »
Kevin Magnussen pense aussi que la situation dépend des circuits :
« Je pense que c’est comme prévu, en tous cas comme je m’y
attendais, » estime-t-il. « Sur certaines piste ça va,
sur d’autres c’est un peu plus difficile, comme on l’a vu en
Australie. Ca ne changera rien pour des endroits comme Monaco et
Singapour. »
Les dépassements ont été peu nombreux à Melbourne mais la situation
s'est améliorée à Shanghaï et Sakhir. Günther Steiner, le patron de
Romain Grosjean et Kevin Magnussen chez Haas, pense que les
dépassements ne sont pas si difficiles.
« J’ai été un peu surpris parce que nous en avons tous parlé
comme si c’était impossible de doubler, » rappelle-t-il.
« Je pense que c’est possible en raison des pneus et des
différentes stratégies adoptées par les gens. Si on a des pneus
frais ou des pneus tendres, on peut toujours doubler. Je pense que
c’est très bien et j’espère que ça va continuer comme
ça. »
La course de Shanghaï a été chamboulée par la piste humide en début
de course alors qu'à Sakhir, la dégradation des pneus était assez
élevée. Les dépassements pourraient être moins nombreux à Sotchi,
où une course à un seul arrêt est attendue.
Les pilotes ont moins de marge d'erreur
Les nouvelles monoplaces sont également plus performantes,
surtout en courbe. Pour les pilotes, cela signifie que la marge
d'erreur est plus fine que par le passé.
« Avec la voiture de cette année, il faut être beaucoup plus
précis, que ce soit la coordination avec les yeux, ce qu’on
regarde, et tout le reste, » explique Romain Grosjean.
« Il faut être plus sur le coup. Quand on tourne deux ou trois
dixièmes plus tard que ce qu’il faut, c’est déjà un mètre, alors
qu’avant c’était 50cm. Ca fait une grosse différence. »
Kevin Magnussen estime que cet aspect permet aux pilotes qui savent
doser leur façon d'attaquer de sortir du lot : « De l’autre
côté, ça ouvre plus de possibilités pour attaquer et chercher la
limite, » explique le Danois. « Ce n’est pas si facile
d’atteindre la limite, donc en un sens on a une plus grosse marge
pour attaquer. »
Ces vitesses plus élevées sont synonymes de plus grosses forces à
encaisser par les pilotes. Ils s'y sont habitués mais la situation
évolue selon les circuits.
« Dans les premières courses, on est toujours un peu rouillé
après l’hiver, » explique Grosjean. « Mais après trois
courses, maintenant on sait à quoi s’attendre. Certains circuits
seront plus difficiles que les autres, et ça dépendra du
fonctionnement des pneus. A Bahreïn, on avait une assez grosse
dégradation (sur les pneus). Ca faisait perdre l’adhérence, et
ensuite ce n'était plus aussi dur (physiquement) que le premier
tour dans la voiture. Je suis certain que certaines pistes, comme
Suzuka, seront exigeantes physiquement, alors que d’autres, comme
Bahreïn, le sont un peu moins. »














