F1 - Vettel avait-il une chance de victoire ?

L'intervention de la voiture de sécurité a empêché Sebastian Vettel de rester au contact de Lewis Hamilton à Shanghaï. Avait-il la possibilité de le battre ?
Le timing de l'intervention de la voiture de sécurité a
peut-être privé Sebastian Vettel d'une chance de victoire à
Shanghaï. La course a débuté sur une piste humide et l'Allemand,
alors deuxième, a profité d'une intervention de la voiture de
sécurité virtuelle, suite au contact entre Lance Stroll et Sergio
Pérez, pour passer des pneus intermédiaires aux pneus tendres, dès
le deuxième tour, avant les autres leaders.
Mais la voiture de sécurité est ensuite intervenue, en raison de
l'accident d'Antonio Giovinazzi. Tous les autres leaders ont changé
de pneus à leur tour. Puisque la voiture de sécurité les faisait
passer par l'allée des stands, pour éviter la zone de l'accident,
ces arrêts leur ont fait perdre très peu de temps, et Vettel
n'était plus que sixième après cette séquence.
« C'était sec sur plusieurs parties de la piste donc je savais
que (les pneus intermédiaires) ne tiendraient pas, » a
expliqué Vettel sur le podium. « J'étais content de prendre le
risque. »
« Evidemment, une voiture de sécurité virtuelle fait gagner un
peu de temps dans l'arrêt. Puis la voiture de sécurité est sortie
juste au moment où je commençais à sentir que les pneus slicks
étaient beaucoup plus rapides, donc je n'ai pas pu profiter de
l'avantage, et j'ai perdu beaucoup de places. »
Sebastian Vettel a regagné une place avec l'erreur de Valtteri
Bottas. Quand la course a repris, au huitième tour, il était à
4''602 de Lewis Hamilton. Il a dû doubler Kimi Räikkönen, ce qui
lui a pris 11 tours. Il a pris l'avantage sur Daniel Ricciardo
trois tours plus tard. Il lui a fallu cinq tours de plus pour
doubler Max Verstappen. Après le 28ème tour, il était deuxième,
mais à 10''664 de Hamilton, en raison du temps perdu derrière ses
rivaux. L'écart est monté à 12''492 mais après les arrêts, au 34ème
tour, Hamilton était 9''476 devant. L'écart a fluctué mais Vettel a
terminé la course à 6''250 de Hamilton. Il lui a donc repris 4''414
après son dépassement sur Verstappen.
Une grande partie du temps perdu par Vettel l'a été derrière
Räikkönen. Il était déjà à 9''616 de Hamilton après avoir doublé
son équipier. Il a donc perdu 5''614 derrière lui.
Vettel ignore qui avait le meilleur rythme
La comparaison des rythmes de course est faussée par le fait que
Lewis Hamilton pouvait parfois se permettre d'assurer, grâce à son
avance importante. Sebastian Vettel refuse de dire qu'il avait le
rythme pour battre l'Anglais.
« Je ne suis peut-être pas très malin, mais j'essais de ne pas
m'embrouiller, » a-t-il indiqué en conférence de presse.
« Donc j'en reste au fait que celui qui gagne la course mérite
de la gagner. Je le pense à chaque course. Donc oui, Lewis a fait
le meilleur boulot. »
« Evidemment, nous avons peut-être été un peu malchanceux avec
la voiture de sécurité au début, mais même sans ça, on ne sait
jamais comment ça aurait influencé la course. Est-ce que c'était
suffisant ? Nous le pensions... Je le pensais, oui, mais c'est une
course longue et le résultat aurait pu être différent. »
« J'avais un peu plus de choses à faire que Lewis. J'ai vu
qu'il contrôlait probablement son rythme au début. Après avoir
doublé Kimi et Daniel, j'ai évidemment essayé de revenir sur lui
mais je savais que ça serait dur avec cet écart. Et dans les
derniers tours j'ai demandé à l'équipe de me donner une moyenne de
ce qu'il fallait lui reprendre, juste pour savoir ce que je devais
faire. Quand ils m'ont dit que c'était plus d'une demi-seconde au
tour, j'ai continué à attaqué parce qu'on ne sait jamais, peut-être
que Lewis allait faire une erreur, ou qu'il allait avoir un
problème sur sa voiture, donc je voulais continuer à lui mettre la
pression. J'ai aimé cette bagarre, même si ce n'était pas
côtes-à-côtes ou l'un juste derrière l'autre mais séparés par cinq,
six ou huit secondes. »
La course s'est muée en duel à distance : « C'était une bonne
nouvelle d'entendre qu'il attaquait, » souligne Vettel.
« Dans les performances, c'était probablement jeu égal.
Parfois il était un peu plus rapide, parfois j'étais un peu plus
rapide. »
Lewis Hamilton fait le même bilan : « C'était très, très serré
et il y a eu des moments où Sebastian faisait des chronos que
j'avais du mal à suive, » a assuré Hamilton. « Dans les
10 ou 12 derniers tours, il faisait un 35''6 et je faisais un
35''8, et c'était très dur d'être à son niveau. A d'autres moments
en course, j'étais plus rapide. »
C'est justement cette proximité dans les performances qui encourage
Ferrari : « Sur une piste et dans des conditions très
différentes de Melbourne, nous avons prouvé que nous avons une
bonne voiture, » a souligné Maurizio Arrivabene, le patron de
la Scuderia. « Sans l'interruption (de la voiture de
sécurité), le résultat aurait pu être meilleur. »














