Interview avec Jules Bianchi
Jules, le titre en F3 Euro Series, devant votre public et votre
famille. La fête est complète ?
Oui, le résultat final est parfait. Je tenais à gagner au moins une
course en France et à devenir le nouveau champion de la discipline
devant les miens.
Vous aviez pourtant la tête des mauvais jours sur le podium de la
première course…
Oui, j'étais très énervé contre moi-même. J'ai fait une erreur au
re-start en étant trop près de la voiture de sécurité. J'ai dû
ralentir juste avant qu'elle rentre aux stands et du coup j'ai
perdu la tête de la course. Ça ne changeait pas grand-chose car
Vietoris avait peu de chances de m'empêcher d'être titré le
lendemain, mais perdre devant tout le monde, en France, ça m'a
piqué au vif.
Vous avez fait preuve d'une maîtrise magistrale dans la deuxième
course. C'est finalement mieux de remporter le titre de cette
manière !
Oui, c'est vrai ! Je voulais me rattraper après mon erreur de la
première course. C'est mieux de gagner en partant 7ème et de
maîtriser les évènements à la perfection alors que vos adversaires
ont du mal. Ça donne une sensation de plénitude.
Vous avez été très inspiré en étant prudent au départ puis en
doublant les deux premiers à l'extérieur de la première courbe…
J'ai volontairement freiné plus tôt en arrivant dans le premier
virage après le départ car j'avais un pressentiment. Je suis resté
à l'intérieur pour protéger ma trajectoire et personne ne me
menaçait. Devant, l'accrochage n'a pas tardé et je suis ressorti du
virage en 3ème position.
Vous avez gagné sous les yeux du capitaine de l'Equipe de France
FFSA Circuit, Jean Alesi…
Il m'a toujours bien conseillé et sa présence ainsi que ses
encouragements étaient réconfortants le samedi soir. Je remercie
Jean ainsi que la FFSA pour tout ce qu'ils font pour moi, c'est un
environnement professionnel exceptionnel qui complète à la
perfection celui d'ART Grand Prix qui est une écurie
sensationnelle.
Vous avez dominé les débats dès les essais libres en prenant une
avance d'une demi-seconde sur tous vos adversaires. Etes-vous parti
du principe que la meilleure défense est l'attaque ?
Effectivement, j'étais très motivé et j'ai abordé ce week-end avec
l'envie de faire un carton plein. L'auto était très compétitive dès
les premiers tours et la seule alerte est venue de la première
course, lorsque nous avons choisi des réglages trop agressifs qui
ont détérioré mes pneus arrière très rapidement. Mais nous avons
bien rétabli la chose le lendemain.
La saison n'est pas finie, ART Grand Prix cherchera un 4ème titre à
Hockenheim, celui par équipe. Vous avez également une petite
revanche à prendre sur Hockenheim…
C'est clair, je reste concentré car je veux finir la saison en
aidant ART Grand Prix à gagner le titre et je tiens également à
finir l'année sur une bonne note à Macao. On avait mal débuté la
saison à Hockenheim mais on sait d'où venait le problème et je suis
déterminé à tordre le cou au mauvais sort à Hockenheim. Macao c'est
la plus belle course F3 au monde selon moi. Mon expérience de
l'année dernière m'aidera à aborder l'épreuve avec plus de
confiance. Je pense que ce sera plus facile mais la plus petite
erreur n'est pas permise à Macao. C'est un circuit long et
difficile, très spécifique et il faut être concentré à 100% du
début à la fin du week-end.
Si vous pouviez changer quelque chose à cette saison, quel serait
votre choix et pourquoi ?
Brands Hatch, sans l'ombre d'une hésitation ! Pour ma petite erreur
en qualifications et tout ce qui s'en est suivi : la sortie de
piste en course et un week-end noir avec aucun point marqué. Il a
fallu se remettre en selle rapidement, en apprenant des erreurs
commises mais sans ressasser le passé.
Vous avez effectué des essais probants avec ART Grand Prix en GP2 à
Jerez. Quelles sont les principales différences avec la F3 ?
Surtout le moteur, la puissance. On a plus du double de chevaux.
Les freins également car il faut taper très fort sur la pédale. En
revanche, au niveau de la conduite c'est assez similaire, plus je
roulerai et plus je serai en confiance, mais je me sens déjà bien.
Je n'ai pas eu à adapter mon pilotage.
Vous avez signé avec ART Grand Prix pour deux des quatre meetings
de GP2 Asie et pour la totalité de la saison GP2 Europe.
Avec ART Grand Prix nous avons fait du très bon travail en F3 Euro
Series et il était logique de vouloir continuer ensemble dans la
catégorie supérieure. De plus, il est préférable pour une écurie et
pour un pilote de pouvoir travailler ensemble plusieurs années
d'affilée. J'adore cette équipe et même si le personnel n'est pas
le même en GP2 il est évident que je me sens déjà l'aise et ça
m'aidera à m'adapter à ce nouveau championnat qui est extrêmement
compétitif.
Communiqué de presse Equipe de France FFSA














