GP de France La FFSA en colère
Le Conseil général des Yvelines a annoncé [l'abandon du projet
de circuit à Flins->17453]. Cette nouvelle est un nouveau coup
dur pour un éventuel retour du Grand Prix de France de Formule
1.
Nicolas Deschaux déplore l'absence de volonté politique pour
favoriser le retour de la F1 en France. Le Président de la FFSA
fustige les attaques "démagogiques" de certains élus qui se sont
exprimés contre le circuit. Il évoque même un "grave
dysfonctionnement démocratique" puisque ces personnalités se sont
exprimées avant la publication des rapports des spécialistes.
Voici l'intégralité de la réaction de Nicolas Deschaux:
La récente décision du Conseil Général des Yvelines de renoncer au
projet de circuit automobile à Flins est bien évidemment une
mauvaise nouvelle pour tous ceux qui pensaient que ce complexe
tourné vers l’automobile de demain, avec ses vocations
industrielles, mais aussi sportives et événementielles,
représentait une grande opportunité pour l’ensemble des acteurs du
sport et de l’automobile.
La FFSA tient tout d’abord à souligner le très important travail
réalisé autour de ce projet, notamment par le Conseil Général des
Yvelines, et malheureusement trop souvent dénigré par des attaques
plus démagogiques que réellement justifiées et constructives. De
par la nature même du complexe dessiné par Jean-Michel Wilmotte, de
par toute la logique de transport tournée dès le départ sur l’idée
d’organiser un Grand Prix totalement relié à la capitale par les
voies ferrées, ce circuit représentait une innovation mondiale. Il
permettait d’entrevoir ce que seraient les nouveaux circuits
développés en tenant compte à la fois des contraintes sportives et
événementielles, mais aussi des exigences d’intégration dans un
paysage et un environnement.
Au-delà de cette déception, cette situation appelle les remarques
suivantes :
- Sur le plan automobile, le projet de Flins avait vocation à être
une plateforme de recherche pour les constructeurs dans leur
travail lié aux nouvelles énergies. Par ailleurs, il faut rappeler
que l’Ile de France, région de 12 millions d’habitants, n’a aucun
stade dédié à cette activité. Montlhéry a été fermé à la pratique
automobile sportive sans qu’aucune solution de remplacement n’ait
été trouvée. A ce jour, on constate une recrudescence des
incivilités routières. Il est clair que l’existence d'un stade
automobile en région parisienne permettrait de disposer d'un outil
de formation aujourd'hui cruellement absent.
- Sur le plan sportif, il est regrettable de voir que ce complexe,
qui intégrait évidemment une piste automobile, mais aussi la
possibilité d’accueillir d’autres grands événements médiatiques et
pour lequel un rapprochement et des discussions étaient engagés
avec le CNOSF et ses instances chargées du haut niveau, soit
arrêté. C’est une occasion de moins pour la France d’accueillir un
grand événement.
- Sur le plan économique, alors même que la Corée du Sud vient de
se mobiliser pour accueillir en 2010 un Grand Prix de Formule 1, on
peut s’étonner que ce type d’événement, troisième spectacle
médiatique au monde après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde
de Football, soit à ce point dénigré en France par une certaine
classe politique. Le dynamisme des pays asiatiques n’est pas
contestable, et la volonté de certains pays - comme le Japon, la
Malaisie, Singapour depuis 2008 ou la Chine depuis 2004 - à
accueillir un Grand Prix de Formule 1 témoigne que ce type
d’événement n’est pas du tout, comme certains le prétendent, une
image du passé, mais, au contraire le symbole de la capacité d’un
pays à accueillir des événements valorisant notamment la haute
technologie.
- Sur le plan politique, le cas du circuit de Flins représente un
grave dysfonctionnement démocratique : alors même que de très
nombreuses procédures et enquêtes étaient déroulées pour étudier
l’impact réel de ce projet sur l’environnement, l’économie, les
transports, les flux, il est incompréhensible que certaines
personnalités politiques ou médiatiques aient pu s’exprimer de
façon aussi tranchée sans véritable connaissance du dossier, et
semblerait-il par un souci électoraliste à court terme. Pourtant,
un récent sondage réalisé par l'institut IPSOS montre qu'une
majorité de français est favorable à l'existence des sports
mécaniques, et ne considère pas que ceux-ci doivent disparaitre
pour des raisons environnementales.
Le rapport Augier « pour une politique gagnante des grands
événements » de juillet 2009 a conclu à la nécessité d’un Grand
Prix de France de Formule 1. Dès lors, une volonté nationale claire
semblait acquise. La FFSA peut regretter que cela ne soit
visiblement pas le cas.














