Cette Volvo de 1975 cache un V10 Lamborghini pour régner sur les pistes de drag

Publié le 7 octobre 2026 à 19:00
Cette Volvo de 1975 cache un V10 Lamborghini pour régner sur les pistes de drag

Peter Björck a transformé une paisible Volvo des années 1970 en dragster à moteur central Lamborghini. Elle franchit déjà la ligne du 200 en 5,34 s à environ 220 km/h.

À première vue, cette vieille Volvo 240 de 1975 a tout de la voiture de grand‑père : ligne carrée, peinture discrète, allure très sage. Sauf qu’à la place du quatre‑cylindres d’origine, le Suédois Peter Björck, préparateur et youtuber, a installé un V10 Lamborghini biturbo en position centrale, posé sur un châssis tubulaire et relié à une transmission intégrale. Résultat : sur 200 m départ arrêté, la 240 lève les roues avant et signe 5,3 s à environ 221 km/h.

Derrière la carrosserie d’époque, tout ou presque a changé. Moteur d'Huracán de 5,2 litres implanté à la place des sièges arrière, gros turbos, boîte à double embrayage d’Audi R8, électronique MoTeC pour gérer les quatre roues motrices… et un faisceau électrique particulièrement complexe à mettre au point. La voiture roule déjà fort, mais Björck enchaîne encore les séances de réglages : soucis d’ABS, coupures de calculateur, répartition de couple à peaufiner. Et ce prototype n’a qu’un objectif : être prêt pour la Sweden Street Week 2026.

De la familiale au dragster : la métamorphose de “Våfflan”

La base est une Volvo 244 du milieu des années 1970, transformée en dragster et baptisée “Våfflan” (la gaufre) en clin d’œil à sa silhouette carrée. Le projet prolonge une première “Volvoghini”, une 245 déjà greffée à un V10 italien. Cette fois, la 240 passe dans une autre dimension : carrosserie presque d’origine, mais dessous, un châssis tubulaire aux normes du drag racing (spécification 25.2) conçu pour encaisser des puissances à quatre chiffres et des départs extrêmement violents.

Les premiers essais sur la piste de Hudik Raceway en Suède donnent vite le ton. Un premier run se traduit par 5,52 s sur le 200 m, puis le meilleur descend à environ 5,34 s, avec des vitesses de sortie entre 218 et 221 km/h. À chaque départ, la Volvo tente de lever les roues avant ; l’électronique réagit en coupant le couple pour la reposer au sol, ce qui laisse encore une marge de progression une fois les réglages affinés.

Sous la tôle : V10 Lamborghini biturbo et transmission intégrale

Le cœur du projet est un V10 5,2 litres provenant d’une Lamborghini Huracán. Le bloc a été renforcé avec bielles forgées et pistons forgés. Le moteur tourne à l’E85, carburant très présent dans la scène drag nordique, apprécié pour son indice d’octane élevé et son effet refroidissant qui aide à encaisser de fortes pressions de suralimentation.

Pour transmettre cette cavalerie, Björck utilise la boîte à double embrayage DL800 d’Audi R8, un ensemble boîte-pont capable de renvoyer la puissance vers l’avant comme vers l’arrière. Cette architecture facilite le passage en quatre roues motrices dans une configuration moteur central, un peu comme sur la supercar allemande. Une centrale MoTeC orchestre le tout : launch control, répartition de couple, gestion du cabrage qui détecte quand l’avant se lève et réduit instantanément le couple pour éviter le tonneau arrière.

Course à l’allègement et cap sur la Sweden Street Week 2026

Avec son châssis renforcé, la transmission intégrale et le V10 biturbo, la Volvo affiche aujourd’hui 1 437 kg sur la balance. Björck vise pourtant un poids proche de 1 000 kg en remplaçant autant d’éléments que possible par des pièces en fibre de carbone. Chaque élément remplacé, chaque kilo en moins doit aider la 240 à grappiller des dixièmes sur le 200 m tout en restant dans la catégorie Street Outlaw où elle est engagée.

La voiture enchaîne déjà les passages sans casse majeure, mais la liste de tâches reste longue : fiabiliser l’ABS, affiner les modèles de couple dans la gestion moteur, analyser les logs après chaque run. L’enjeu est de taille, car la Sweden Street Week impose d’alterner routes ouvertes et piste de drag, en autonomie complète. Cette Volvo 240 à moteur central Lamborghini doit donc être à la fois assez docile pour avaler les liaisons et suffisamment affûtée pour continuer à se cabrer à l'accélération.

Nos marques populaires Voir tout
Sport Auto