La voiture volante de Tesla fait réagir Mate Rimac, qui ressort des courriels bien plus anciens
Mi-octobre 2026 au Texas, la Tesla Roadster s’élance dans les airs sous l’œil d’Elon Musk. À des milliers de kilomètres, Mate Rimac rouvre ses emails de 2019.
Tesla a enfin montré sa "voiture volante" : la nouvelle Tesla Roadster a quitté le sol lors d’une démonstration sur un site d’essais SpaceX au Texas, mi‑octobre 2026. Elon Musk a fait exécuter à son coupé électrique des sauts spectaculaires, presque des figures, sous les caméras du monde entier. La version Thrust affiche un 0 à 100 km/h en 0,81 seconde grâce à des propulseurs, ce qui en ferait la voiture de série à l’accélération la plus violente. De quoi électriser les réseaux sociaux… et piquer la curiosité des concurrents. Parmi eux, Mate Rimac, patron de Bugatti Rimac, n’a pas seulement regardé le show, il a ouvert sa boîte mail.
Le Croate a publié une vidéo sur le compte Instagram Entrelligence où il remonte dans ses courriels internes. On le voit chercher des mots‑clés, retrouver des messages de 2019 et 2020 décrivant des idées très proches de cette Roadster volante. Propulseurs, effet de sol, chrono sous la seconde : tout est déjà là, mais au stade de concept. Ce qu’il dévoile raconte autant la course à l’innovation que la bataille d’ego feutrée entre Mate Rimac et Tesla.
Tesla Roadster : ce que cache vraiment la démo de voiture volante
Derrière les images virales, la nouvelle voiture volante Tesla repose sur un mélange de ventilateurs et de propulseurs à gaz. La Roadster existera en trois versions : Performance avec ventilateurs pour coller la voiture au sol, Thrust qui ajoute des propulseurs à l’arrière, et Rocket qui entoure la carrosserie de propulseurs pour permettre de véritables bonds. Le 0 à 100 km/h en 0,81 s a été démontré en direct, dans un nuage de poussière façon fusée SpaceX. Pour réserver une configuration à propulseurs, il faut déposer 250 000 dollars, soit autour de 230 000 €.
La production n’est pourtant annoncée que pour 2028. En attendant, une question flotte au‑dessus de ce show : le mode volant pourra‑t‑il être homologué sur route ouverte, ou restera‑t‑il cantonné à des démonstrations privées ? Les réponses officielles se font encore attendre, y compris sur l’usage des propulseurs et leurs contraintes de sécurité.
Dans les emails de Mate Rimac, un projet d’hypercar volante dès 2019
En fouillant ses archives, le patron de Bugatti Rimac exhibe d’abord un mail de 2019. Son équipe y discute de "déportance statique" : générer de l’appui aérodynamique à l’arrêt grâce à un système de ventilation au sol, comme sur la fameuse F1 Brabham à ventilateur. L’idée est d’aspirer la voiture vers la piste sans attendre la vitesse, un principe que la petite McMurtry Spéirling concrétisera ensuite spectaculairement. Rimac montre ainsi qu’il réfléchissait déjà à ces technologies d’effet de sol agressif bien avant la démo de Tesla.
Un autre courriel, daté de 2020, va plus loin : il évoque des propulseurs à gaz froid montés sur la remplaçante de la Rimac Nevera, avec des réservoirs logés dans le coffre. L’objectif affiché est clair : passer de 0 à 100 km/h en moins d’une seconde et offrir à la voiture la capacité de se détacher du sol. Ce projet est finalement mis de côté pour prioriser la Bugatti Tourbillon, hypercar hybride à V16 atmosphérique donnée pour environ 1 800 ch, plus conforme à l’ADN Bugatti.
"Je suis content que Tesla l’ait fait" : une réaction entre fair‑play et démonstration
Dans sa vidéo, Mate Rimac prend soin d’afficher un ton positif. "Je suis content qu’Elon l’ait fait, que Tesla l’ait fait", affirme‑t‑il, avant d’ajouter : "Cela rend l’avenir encore plus excitant. Nous faisons des V16, [Tesla] fait ces choses. J’ai hâte de la voir sur la route." Il félicite le rival tout en rappelant, preuves à l’appui, que ses propres ingénieurs ont exploré ces folies techniques dès 2019. Le message implicite : l’idée de l’hypercar volante ne serait pas l’apanage de Musk.
Sur le calendrier, les emails de Rimac précèdent la démo de 2026, mais c’est bien Tesla qui a, pour l’instant, une voiture qui saute réellement. Entre les limites d’homologation, les questions de sécurité des propulseurs et un lancement repoussé à 2028, la Roadster volante reste toutefois un démonstrateur très encadré. Face à ce choix du spectaculaire, Bugatti Rimac continue de miser sur la Tourbillon et son V16 pour défendre une autre vision de l’hypercar du futur.














