Il pousse la porte d'un vieux garage abandonné et découvre une sportive que presque personne ne connaît
Dans un garage britannique abandonné, cinq voitures dorment sous la poussière. Parmi elles, une TVR Grantura des années 1960, une sportive produite à moins de 800 exemplaires.
La vidéo démarre dans la pénombre d’un vieux garage, quelque part au Royaume-Uni. Un passionné de voitures anciennes pousse la porte métallique, éclaire les toiles d’araignée avec sa lampe… et tombe, derrière une voiture couverte de poussière, sur une petite TVR Grantura, une discrète voiture de sport britannique que même beaucoup de passionnés ne reconnaîtraient pas au premier coup d’œil.
Autour, quatre autos figées dans le temps, dont deux Mini, semblent n’avoir pas bougé depuis des décennies. Aucune histoire officielle : le garage semble avoir été abandonné depuis des années, sans que l'on sache ce qu'est devenu son propriétaire. La caméra s’attarde rapidement sur ce coupé aux formes rondes, probable version Mk II de la Grantura, garé là comme s'il attendait encore sa prochaine sortie sur une petite route anglaise.
Dans le garage, une sportive oubliée mais presque intacte
Le bâtiment n’a clairement pas été entretenu depuis très longtemps : poussière épaisse, pneus à plat, cartons empilés autour des voitures. La TVR, elle, possède un avantage considérable pour une ancienne laissée à l’abandon : sa carrosserie en fibre de verre ne rouille pas. La carrosserie du coupé semble encore entière, sans dommages structurels apparents, et l’habitacle, fatigué mais complet, reste étonnamment présentable pour une auto restée des années sans soin.
Dans ce décor figé, on reconnaît aussi deux Mini, dont une Mini Clubman Estate, également appréciée des collectionneurs. Pourtant, c’est bien la TVR qui intrigue le plus : petites ailes légèrement élargies, proportions ramassées, tout laisse penser à une Grantura Mk II ou IIa produite au début des années 1960. Impossible en revanche de voir quel moteur se cache sous le capot, un détail qui compte énormément pour sa valeur future.

TVR Grantura : la petite sportive britannique que l’on a oubliée
Derrière ce nom discret se cache le premier modèle produit en série par TVR, construit à Blackpool entre 1958 et 1967. La Grantura était assemblée à la main, sur un châssis tubulaire léger surmonté d'une carrosserie en polyester renforcé de fibre de verre, avec un étonnant mélange de pièces empruntées ailleurs : freins d’Austin-Healey, éléments de suspension Volkswagen ou Triumph, pont arrière BMC. Résultat : une petite propulsion vive et simple à entretenir, pensée pour les routes sinueuses.
Les versions Mk II et IIa, produites entre 1960 et 1962, sont les plus répandues tout en restant très rares à l’échelle mondiale, avec environ la moitié des quelque 800 Grantura sorties d’usine. Elles recevaient le moteur BMC B-Series des MGA ou, selon les versions, un moteur Ford Kent ou un Coventry Climax FWE plus sportif d’environ 83 ch. Homologuée pour la course, la Grantura a même été engagée en endurance au début des années 1960, avec une tentative d’inscription aux 24 Heures du Mans en 1961 et des apparitions face aux Lotus Elite, Porsche 356 ou MGA l’année suivante.
Rareté, prix et chantier : que vaut une Grantura ?
Sur le papier, une auto produite à quelques centaines d’exemplaires pourrait faire rêver les spéculateurs. La réalité du marché est plus nuancée : même les plus belles Grantura dépassent rarement les 30 000 €. Beaucoup d’exemplaires roulants ou à restaurer s’échangent plutôt entre 10 000 et 23 000 €. À comparer avec des Jaguar Type E ou même certaines MGB, produites à des dizaines de milliers d’unités et souvent mieux cotées.
La valeur de cette TVR dépendra surtout de l'état du châssis et de la mécanique. La coque en polyester semble sauvable, l’intérieur aussi, mais les années d’immobilisation imposent une révision intégrale : trains roulants, freins, faisceau, moteur, boîte. Des spécialistes TVR existent encore et refabriquent nombre de pièces, ce qui rend le projet techniquement faisable. Financièrement, en revanche, la restauration de cette petite sportive de collection aussi rare que méconnue relèvera davantage de la passion que d’un investissement rentable.














