Bizzarrini n’en a construit qu’une : près de 60 ans plus tard, elle est estimée à 445 000 €
À Newport, le 2 octobre 2026, un prototype unique Bizzarrini GT America 2+2 vise les 445 000 €. Entre rareté absolue et parcours trouble, cette enchère intrigue.
Entre les Ferrari et les Lamborghini, un autre nom italien s'invite dans les catalogues d'enchères : Bizzarrini. Un unique prototype Bizzarrini GT America 2+2 de 1967 passe sous le marteau ce 2 octobre et les spécialistes s'attendent à ce qu'il frôle les 500 000 $ (environ 445 000 €). Derrière ce chiffre, une histoire confidentielle, typique des années 1960.
Le constructeur fondé par Giotto Bizzarrini n'a produit qu'environ 140 voitures en cinq ans, autant dire presque rien à l'échelle de l'industrie. Ce coupé 2+2, présenté au Salon de Turin de 1968 et jamais industrialisé, réapparaît aujourd'hui presque comme neuf, avec un très faible kilométrage : de quoi intriguer les collectionneurs avertis.
Prototype Bizzarrini GT America 2+2 : une vente à surveiller
Cette Bizzarrini GT America 2+2 de 1967 apparaît comme une évolution allongée du coupé maison, pensée pour offrir deux places arrière tout en gardant des performances de sportive. La maison Broad Arrow Auctions la propose ce vendredi 2 octobre 2026 lors de l'Audrain Auction, à Newport (Rhode Island), avec une estimation de 400 000 à 500 000 $, soit environ 356 000 à 445 000 €.
Dans le petit monde Bizzarrini, ce projet 2+2 arrive à la toute fin de l'aventure. Le constructeur cherche alors à élargir sa gamme de GT et à séduire davantage de clients américains avec un V8 d'outre-Atlantique, mais la faillite interrompt tout. Résultat : cette auto reste le témoin isolé d'une stratégie jamais concrétisée.
Design champagne et V8 Corvette : la GT rêvée des années 1960
Visuellement, le prototype mise sur une carrosserie en aluminium peinte Champagne Metallic, des pare-chocs chromés et des jantes en magnésium qui remplissent généreusement les ailes. Des ouïes s'ouvrent sur les ailes avant, tandis que l'arrière aligne feux ronds et quatre sorties d'échappement parfaitement symétriques.
L'habitacle en cuir brun reste typique des GT italiennes : volant à jante en bois, instrumentation classique, vitres électriques, batterie d'interrupteurs à bascule et poignée de maintien pour le passager. À l'arrière, deux sièges séparés par une large console ne laissent vraiment de place qu'à des enfants. Sous le capot, un V8 Chevrolet Corvette 327 de 5,4 litres développe environ 355 ch, associé à une boîte manuelle à quatre rapports, des freins à disque et un pont De Dion, pour seulement 5 452 km affichés au compteur.
Un parcours chahuté qui pèse sur l'estimation
La vie de ce prototype n'a rien de linéaire. Sorti incomplet de l'usine Bizzarrini, il serait resté stocké avant d'être acheté en 1970 par le collectionneur italien Mauro Chigiotti, puis expédié en Afrique du Sud, où il change de mains avant son retour en Italie pour une restauration en 2008, avec attribution d'un numéro de châssis administratif.
Ce passé mouvementé explique en partie pourquoi l'estimation reste inférieure à celle de certaines 5300 GT Strada plus orthodoxes. Les collectionneurs les plus pointilleux privilégient souvent les autos strictement d'origine, mais l'unicité de ce prototype 2+2 et son faible kilométrage peuvent suffire à faire monter les enchères jusqu'au plafond annoncé.














