Morgan Aero 8 (2001-2019) : quelles pannes principales à surveiller en occasion ?
Non, toutes les Morgan ne sont pas forcément rustiques ! L’Aero 8 cache même un châssis moderne et un tempérament de feu.
Sport Auto s'attarde sur les pannes principales à considérer pour la Morgan Aero 8, commercialisée de 2001 à 2019 pour un tarif de départ fixé à 65.000 euros.
Morgan Aero 8 (2001-2019) : retour sur son parcours
Histoire est parfois cruelle, notamment pour les constructeurs
anglais. Tous, au fil des ans, sont passés sous pavillon étranger,
d’Aston Martin à Bentley, Jaguar, Rolls‑Royce et Lotus. Tous,
excepté Morgan, chez qui l’immobilisme
est élevé au rang de vertu depuis la sortie en 1936 de la vénérable
4/4, un roadster qui n’a guère évolué, sauf pour se mettre en
conformité avec la législation.
Mais les temps changent, les personnes aussi, et Charles Morgan,
petit‑fils du fondateur de la firme de Malvern Link, a lancé l’Aero
8 en 2001, le premier modèle vraiment inédit depuis 1948. Malgré
une ligne au look quelque peu vintage, on assiste non pas à une
évolution, mais à une révolution.
Technique d’abord, puisque les châssis en acier avec cadre en bois
sont ici remplacés par une structure en alliage léger, moins lourde
et plus rigide encore. Sous la carrosserie en aluminium se niche un
V8 4.4 BMW de 286 ch, couplé à une boîte manuelle à 6 rapports
d’origine Getrag. D’emblée, cette Aero 8 Mk I surprend avec son
regard, assuré par des phares de Volkswagen Beetle.
Un gimmick qui est censé optimiser l’aérodynamisme. En 2004, l’Aero
8 Mk II bénéficie d’une partie arrière modifiée. Le V8 passe à 333
ch tandis que l’ABS et l’antipatinage sont montés de série. C’est
sur cette base qu’est vendu l’année suivante le dérivé coupé
Aeromax, produit à moins de 100 exemplaires.
A partir de 2006, l’Aero 8 gagne une proue plus flatteuse, en
recevant des phares de Mini. Cette version Mk III accueille un
arrière encore modifié, mais elle reste inchangée sur le plan
technique. En 2008 est introduit l’Aero 8 Mk IV, dotée cette fois
du nouveau V8 BMW 4.8 de 367 ch, pouvant être couplé à une boîte
automatique à 6 rapports ZF.
Deux ans plus tard (2010), la production est arrêtée… pour
reprendre finalement en 2015 avec une Mk V. La poupe, sensiblement
modifiée, adopte des feux de Lancia Thesis, tandis que les trains
roulants sont optimisés, avec de nouvelles suspensions plus fermes.
Ainsi s’achèvera en 2019 la carrière de la singulière Aero 8, une
Morgan à la croisée du meilleur
de l’artisanat et de l’ingénierie moderne. Un modèle confidentiel
et attachant produit à environ 1 250 exemplaires – toutes versions
confondues – qui a ses adeptes : comptez minimum 75 000 € pour une
Mk I et au moins 170 000 € pour une Mk V.
Morgan Aero 8 (2001-2019) : quelles versions commercialisées ?
Aero 8 (Mk I)
- Commercialisation : 2001 à 2004
- Moteur : V8 atmo, 32 S, 4 398 cm3, 286 ch à 5 400 tr/mn
- Transmission : 6 rapports manuels
- Poids : 1 100 kg
- V. max. : 270 km/h
Aero 8 (Mk II/III)
- Commercialisation : 2004 à 2008
- Moteur : V8 atmo, 32 S, 4 398 cm3, 333 ch à 6 100 tr/mn
- Transmission : 6 rapports manuels
- Poids : 1 100 kg
- V. max. : 270 km/h
Aero 8 (Mk IV/V)
- Commercialisation : 2008 à 2019
- Moteur : V8 atmo, 32 S, 4 799 cm3, 367 ch à 6 300 tr/mn
- Transmission : 6 rapports man. ou auto
- Poids : 1 180 kg
- V. max. : 273 km/h
Morgan Aero 8 (2001-2019) : quelles pannes à surveiller ?
Carrosserie et structure
Morgan adopte un châssis en aluminium collé-riveté, une
technologie mariant légèreté et rigidité. En cas de choc, il faudra
envoyer l’auto à la maison mère pour une remise en état… qui ne
sera d’ailleurs pas forcément possible, tant ce montage est
complexe. Quant à la carrosserie, en aluminium, elle s’avère très
exposée au moindre choc.
Attention : réparer ce matériau réclame des compétences
particulières. Manipuler le capot pour accéder au V8 demande une
certaine habitude, pour ne pas rayer la peinture d’origine, y
compris au moment de le verrouiller au moyen de crochets latéraux.
Etant donné qu’il y a eu 5 types d’Aero 8, nombreuses sont les
pièces spécifiques.
Ce modèle ayant été produit en petite série (1 250 exemplaires
toutes versions confondues), certains éléments viennent parfois à
manquer. Il faut donc acheter une auto complète, en parfait
état.
Transmission
L’Aero 8 est une propulsion sans ABS ni antipatinage jusqu’à la
Mk II apparue en 2004. A ses débuts, seule une boîte manuelle
Getrag à 6 rapports était disponible, l’automatique ZF comportant
autant de vitesses n’étant proposée, en option, qu’à partir de
2008, avec l’arrivée de la Mk IV dotée du V8 4.8 de 367 ch.
Si cette dernière transmission est sans entretien, en se limitant à
une vidange avec changement de crépine à l’approche des 100 000 km,
les versions à boîte manuelle réclament, de temps à autre, un
remplacement de l’embrayage. Et là, il va falloir prévoir un budget
notable, car il convient de déposer le moteur et la boîte pour y
accéder. Cette opération lourde, nécessitant près de trente heures
de main‑d’œuvre, revient à 5 000 € environ chez un spécialiste de
la marque.
Intérieur
L’Aero 8 bénéficie du meilleur de l’artisanat anglais, en mixant
du cuir, des boiseries et de nombreuses touches de chrome ou
d’aluminium bouchonné sur le tableau de bord. Chaque habitacle est
réalisé à la carte. A noter que sur les modèles Mk V, la dotation
de série est un peu plus riche et dispose d’un GPS.
Ce roadster étant exposé aux intempéries, assurez‑vous que les
cuirs et boiseries, qui sont des matériaux vivants, ont été
correctement entretenus. Quant à la capote manuelle, assez légère,
elle possède une lunette en plastique souple qui s’abîme au niveau
des pliures. Sur toutes les versions, le problème récurrent peut
venir du faisceau gérant les accessoires (compteurs, phares…).
Moteur
Les premiers modèles, qui sont les plus diffusés, bénéficient du
V8 BMW 4.4 atmosphérique de 286 ch, un bloc à distribution par
chaîne, poussé à 333 ch à partir de la Mk II lancée en 2004. Le
changement s’opère en 2008 avec l’arrivée du nouveau V8 4.8 de 367
ch (toujours à distribution par chaîne), pouvant pour la première
fois être accouplé à une boîte auto à 6 rapports d’origine ZF.
L’Aero 8 restera fidèle à ce moteur jusqu’à son arrêt, en 2019. Ces
V8 s’avèrent très fiables et n’ont aucun mal à déplacer les 1 100
kg de la voiture. Outre le temps de chauffe à respecter, il faudra
leur assurer une révision avec vidange une fois par an (dans la
limite de 10 000 km), ce qui revient à 700 €.
Trains roulants
L’Aero 8 est légère, et cela a bien des vertus pour préserver
les pneus, les freins ou les amortisseurs. Les disques sont assez
chers (1 000 € par train), mais ils peuvent largement tenir 60 000
km. Quant aux plaquettes, prévoyez 150 € pour un jeu, ce qui reste
très raisonnable. Les amortisseurs sont très abordables (550 €) par
train.
Les pneumatiques coûtent 1 000 € les quatre (225/35 ZR 19 à l’avant
et 245/35 ZR 19 à l’arrière), sans compter le montage et la
géométrie. Des éléments d’usure classique dont le remplacement
dépend étroitement de votre style de conduite. Comme sur toutes les
voitures sportives, les jantes en alliage sont particulièrement
exposées au moindre contact contre un trottoir.
Morgan Aero 8 (2001-2019) : son budget ?

Morgan Aero 8 (2001-2019) : ses atouts ?
- Exclusivité
- Qualité de réalisation, fiabilité
- Performances
Morgan Aero 8 (2001-2019) : ses faiblesses ?
- Esthétique clivante (jusqu’en 2006)
- Prix d’achat élevés
- Peu de bons spécialistes
Le verdict de Sport Auto : 4/5
L’Aero 8 est une machine à sensations fortes. Ce roadster exclusif offre un vrai plaisir de conduite, de beaux matériaux et une sonorité prenante.
Retrouvez notre article sur la Morgan Aero 8 (2001-2019) dans le Sport Auto n°775 du 31/07/2026.















