Interview avec Jules Bianchi
Jules, êtes-vous arrivé à Barcelone avec l'état d'esprit du
double triomphe de Portimao en F3 britannique ou aviez-vous déjà
oublié ces courses car elles ne comptaient pas pour le championnat
F3 Euro Series ?
J'avais dans l'esprit d'aller chercher la pole position puis de
gagner la première course. Barcelone est un circuit qui m'a souri
en Formule Renault 2.0, où j'avais réussi un départ assez
incroyable l'année dernière (ndlr : de la 27ème à la 5ème place au
premier virage) et il arrive à une phase importante du championnat,
juste avant la dernière ligne droite où il faut être le plus serein
possible lorsque l'on vise le titre.
Le rendez-vous de Portimao vous a-t-il aidé à vous remettre en
selle après Brands Hatch où vous aviez obtenu vos moins bons
résultats de l'année, avec deux abandons et un gros accident ?
Oui tout à fait. Portimao était bien sûr une parenthèse, mais elle
m'a beaucoup aidé pour les courses de Barcelone, pour retrouver
confiance après mon zéro pointé de Brands Hatch. Il était très
important d'arriver en confiance à Barcelone et c'était le cas. Je
n'avais aucune crainte en ce qui concerne la voiture car l'équipe
avait bien travaillé et car j'avais consacré quelques tours à un
check up complet à Brands Hatch le lendemain de l'accident.
Où fait-on la différence sur la version courte du circuit de
Barcelone où il n'y a pas le fameux 3ème virage ni le cinquième
pour doubler et où la dernière grande courbe s'est transformée en
chicane ?
Justement, c'est difficile ! Il n'y a pas beaucoup de virages où
faire la différence. Le petit circuit est très particulier et
c'était un peu un casse-tête pour nous car nous n'avons pas réussi
à trouver un très bon set-up. Nous avons énormément travaillé mais
j'ai dû corriger un survirage assez prononcé que j'ai traîné comme
un boulet durant tout le week-end.
Dans la première course, qui est votre 7ème victoire de la saison
en Euro Series, les quatre pilotes qui vous suivent sur la ligne
d'arrivée ont d'ailleurs signé un meilleur en tour en course plus
rapide que le votre, ce qui est une première pour vous cette
année…
Ça souligne les problèmes que nous avons rencontrés. Mais il ne
faut pas dramatiser ! J'avais une voiture capable de gagner et
l'équipe est irréprochable, simplement Barcelone n'était pas la
meilleure configuration pour nous.
Et donc la physionomie de la course n'était pas la même...
Il nous manquait un peu de performance et j'ai dû gérer la pression
dans la première comme dans la deuxième course. Je n'arrivais pas à
faire ce que je voulais avec l'auto et je ne pouvais donc pas
creuser l'écart. D'un autre côté, je savais que si je ne faisais
pas d'erreur les autres auraient du mal à me passer.
Qu'est-ce qui a changé entre la première et la deuxième course,
dont vous signez cette fois-ci le meilleur tour malgré le handicap
d'être dans le trafic ?
On a fait quelques ajustements pour essayer de rendre la voiture
plus efficace mais en fait c'est allé dans la mauvaise direction
contrairement à ce qu'on peut penser avec ce meilleur tour. La
voiture était efficace pendant trois tours puis elle perdait son
potentiel.
Avec 23 points d'avance et un maximum de 34 points à distribuer à
un pilote lors des deux derniers meetings, préparez-vous Dijon avec
une approche conservatrice ?
Non, on ne change rien ! Je veux faire la pole position à Dijon, je
ne veux pas y aller en me disant que je n'ai qu'à être devant
Vietoris pour être champion.
Dijon est un circuit où vous vous êtes déjà imposé en partant
depuis la pole position (en Formule Renault 2.0 France, en 2007),
ça permet d'arriver avec un petit plus au niveau de la
confiance.
Oui, c'est clair. Mais il ne faut pas être trop confiant pour ne
pas risquer de se démobiliser. Il vaut viser le plus haut possible
dans la mesure des moyens qui seront les nôtres à Dijon et je ne
doute pas que l'équipe fera ce qu'il faut pour ce que la victoire
soit à notre portée. Dijon est un circuit que j'apprécie mais qui
manque de zones de dépassements ; les qualifications seront donc
cruciales.
Etre titré en France, ça aurait de la gueule !
C'est sûr, ce serait beau de gagner une course et le titre en
France. Surtout que ma famille sera présente. C'est une
coïncidence, c'était planifié de longue date, mais j'espère qu'on
aura une bonne raison de fêter le rendez-vous…
Communiqué de presse Equipe de France FFSA














