Les 6H de Fuji WEC 2026 avec Peugeot Sport - Baptiste Crochet : "En logistique, il faut sans cesse s’adapter"
Quelles sont les exigences logistiques requises pour pouvoir courir au plus haut niveau de l'Endurance à l'autre bout de la planète ? Sport Auto en a discuté avec Baptiste Crochet, responsable logistique au sein du Team Peugeot Sport, à l'occasion des 6 Heures WEC de Fuji 2026.
En déplacement au Japon, Sport Auto vous fait vivre de l’intérieur les tribulations du Team Peugeot TotalEnergies aux 6 Heures de Fuji WEC 2026. Dans notre interview du jour, Baptiste Crochet, responsable logistique chez Stellantis Motorsport, nous explique toute la logistique mise en place pour courir au plus haut niveau à l’autre bout de la planète.
SA : quel déploiement logistique a-t-il été nécessaire pour être présent à Fuji ?
Baptiste Crochet : la logistique d’une course outre-mer s’anticipe beaucoup plus qu’une course en Europe parce qu’il faut gérer la partie fret. Il y a du fret aérien et surtout beaucoup de fret maritime. Le fret maritime qu’on a réceptionné à Fuji, pour la sixième manche du championnat, venait directement de São Paulo, où nous avons disputé la quatrième course de l’année au mois de juillet. Nous avons en permanence un double fret. C’est ainsi que le matériel utilisé à Austin pour la cinquième manche du championnat est reparti vers l’Europe, vu que la course prévue au Qatar a été annulée.
Quelles différences entre fret maritime et fret aérien ?
Le fret maritime part à peu près un mois et demi avant la course alors que le fret aérien s’opère environ 15 jours avant l’évènement. Nous privilégions le transport maritime autant que possible pour des raisons de coûts et de bilan carbone. Envoyer une voiture en fret aérien coûte en effet six fois plus cher qu’en bateau. Il n’y a que des éléments sensibles comme les batteries et les carrosseries qui prennent l’avion.
Quel volume de matériel a été emmené à Fuji par l’équipe ?
Ça représente environ quatre conteneurs d’environ 70 m3 mais qui ne sont pas forcément remplis à ras-bord. Nous apportons à peu près la même quantité de matériel sur chaque course outre-mer. Il faut en effet éviter une situation où on serait pénalisés par la faute d’outils pas optimisés comme on le souhaiterait. Nous avons de quoi nous adapter aux caractéristiques électriques de chaque pays, comme c’est la cas à Fuji où il y a des prises et des ampérages différents. En revanche, on s’appuie sur des ressources locales pour des éléments comme les algécos, les groupes électrogènes, les charriots élévateurs, les véhicules de service, etc.
Combien de personnes du Team Peugeot TotalEnergies se déplacent sur la course Fuji ?
Sur chaque course, nous sommes environ 70 personnes, ce qui inclue les pilotes et les métiers supports. À cela s’ajoutent quelques postes locaux comme la sécurité, les navettes vers l’hôtel, les services de restauration, etc.
Dans quelle mesure le contexte géopolitique du Moyen-Orient impacte-t-il la logistique de l’équipe ?
Dans un tel contexte, il faut sans cesse s’adapter. En début d’année, par exemple, nous avions déjà envoyé notre matériel par fret maritime pour la course du Qatar lorsque celle-ci a été reportée. Il a fallu trouver les solutions les moins impactantes possibles pour le rapatrier. Nous avons donc mis nos conteneurs sur des camions qui a ont traversé directement toute l’Arabie Saoudite pour repartir via le canal de Suez afin d’éviter tout risque, car le Qatar n’est qu’à 200 km de l’Iran.















