Futur Grand Prix du Rwanda : la F1 dans le viseur d'Amnesty International...
La Formule 1 envisage de remettre les roues sur le continent africain, mais la destination choisie fait d'ores et déjà grincer certaines dents...
La F1 de retour en Afrique, c'est bientôt une réalité.
La F1 lorgne l'Afrique à partir de 2030
Il faudra toutefois encore patienter avant de voir les bolides
sillonner le futur circuit du Grand Prix du
Rwanda, encore à l'état de projet à proximité de
l'aéroport de Kigali (voir photo ci-contre). Ce
projet doit marquer le retour de la discipline sur le continent
pour la première fois depuis le Grand Prix d'Afrique du Sud
1993.
Si le spectre d'une épreuve sur circuit de Kyalami, non-loin de
Johannesburg, a longtemps plané, c'est finalement
le Rwanda qui est parvenu à sceller un accord avec
la FOM et la FIA, deux ans après des déclarations d'intention de la part
du président Paul Kagamé en marge des FIA
Awards 2024. Un choix qui n'est pas de nature à
contenter tout le monde...
Dans la foulée de l'annonce du futur Grand Prix,
Amnesty UK, la branche britannique
d'Amnesty International, a publiquement
dénoncé la décision de la F1 d'accorder sa place au
calendrier à un pays pointé du doigt à l'international
pour son "bilan désastreux en matière de droits
humains".
"Un trophée de 'sportswashing' pour les autorités rwandaises"
"Un Grand Prix organisé pendant dix ans et 'présenté par
Visit Rwanda' constitue un trophée de 'sportswashing' pour les
autorités rwandaises", s'offusque Felix
Jakens, responsable des campagnes d’Amnesty
International UK. "Arsenal, Aston Villa, les Championnats
du monde de cyclisme et désormais la Formule 1 : le Rwanda investit
dans les plus grands sports du monde pour redorer son image et
détourner l’attention de son bilan désastreux en matière de droits
humains."
"La Formule 1 affirme que le sport peut être 'une force positive au
service du bien'. Ces paroles sonnent creux si la F1 ferme
les yeux sur l’identité de ses
partenaires", dénonce-t-il. "Les autorités rwandaises
se rendent fréquemment coupables de détentions arbitraires, de
torture et de répression de la liberté d’expression : il s’agit là
de violations commises sur leur propre territoire.
Au-delà de ses frontières, nous assistons à des effusions de sang
en République démocratique du Congo, et le Rwanda joue un rôle
important dans l’aggravation du conflit et des violations des
droits humains qui y sont liées, tant par son soutien au groupe
armé M23 que par les interventions directes de son armée dans l’est
du Congo.
La Formule 1 ne doit pas rester passive. Elle devrait user de
son influence auprès des autorités rwandaises pour faire pression
en faveur du changement, plutôt que de prêter son image à une
opération de relations publiques."
Source : Amnesty International UK
















