Une étude affirme que le plaisir du tout-terrain rivalise avec celui d’une McLaren
Au circuit de PalmerSport, Castrol EDGE et Brainbox auscultent le plaisir de conduire. McLaren, Defender et proto s’affrontent, mais un résultat trouble les certitudes.
Un 4x4 qui rampe entre deux ornières peut-il procurer autant de frissons qu’une supercar qui hurle sur circuit ? C’est exactement la question que l’étude Castrol EDGE "Thrill of Driving" a posé, en comparant le plaisir de conduire en tout-terrain à celui d’une McLaren de course.
Une étude en neurosciences qui décortique le frisson au volant
Cette recherche financée par Castrol s’est donné une mission simple : mesurer objectivement ce qui se passe dans le corps et le cerveau quand on "s’éclate" au volant. Et la réponse bouscule un gros cliché, puisque certains participants ont pris presque autant de plaisir en franchissant des bosses à très basse vitesse qu’en attaquant sur une McLaren de compétition. Pour y voir clair, Castrol a fait appel à Brainbox Ltd, société britannique spécialisée en neurosciences. Ensemble, ils ont transformé le circuit de PalmerSport, dans le Bedfordshire, en vrai labo à ciel ouvert : mêmes conducteurs, même environnement sécurisé, mais des situations de conduite très différentes, de la supercar au 4x4 en passant par le kart. Les volontaires portaient tout un arsenal de capteurs. Un électroencéphalogramme multicanal suivait l’activité dite "thêta frontale médiane", liée à la concentration. La variabilité de la fréquence cardiaque mesurait la balance stress-récupération, la conductance de la peau le niveau d’activation, et l’eye-tracking distinguait regard focalisé et balayage anxieux. Les chercheurs ont ensuite relié ces signaux à trois dimensions du plaisir : viscérale (stimulation physique), intellectuelle (degré d’engagement mental) et émotionnelle (excitation sans que la peur ne prenne le dessus).
McLaren, Defender et prototype : des résultats surprenants
Au programme, plusieurs scénarios bien définis : tours au volant
d’une McLaren Artura GT4, pilotage d’une voiture
de course type JP-LM, session de karting très physique et parcours
en tout-terrain au volant d’un
Land Rover Defender. D’après les données compilées, la
McLaren reste l’expérience la plus intense en
moyenne, avec des pics de concentration et d’excitation très nets.
Mais les courbes changent quand on regarde le détail. Le
franchissement off-road à environ 8 km/h sur des montées, descentes
et passages techniques a généré, chez plusieurs participants, des
niveaux de plaisir comparables, voire supérieurs. À l’inverse, un
tour en passager dans la JP-LM, à des vitesses proches de la
McLaren mais avec un pilote professionnel au
volant, a surtout fait grimper les marqueurs d’anxiété. Les auteurs
de l’étude en tirent une idée clé : le frisson naît quand la
vitesse reste maîtrisée et que le cerveau parvient à entrer dans un
état de "flow", combinaison de contrôle perçu et de concentration
maximale.
Sur un parcours 4x4, la vitesse chute mais les
sollicitations explosent : adhérence qui change, relief qui bouge,
trajectoire à placer au centimètre près. L’étude montre que ce
cocktail nourrit à la fois le corps, le cerveau et les émotions,
tout en laissant au conducteur la sensation de garder la
main. Ce scénario coche ainsi les cases du fameux "flow"
décrit par les neuroscientifiques, sans nécessiter
des pointes à plus de 200 km/h.
Les auteurs rappellent tout de même que leur travail reste une étude sponsorisée, réalisée sur un échantillon limité et en conditions ultra encadrées, loin du trafic quotidien. Impossible d’en faire une vérité universelle. Elle confirme toutefois un point précis : pour une partie des conducteurs, un parcours tout-terrain lent mais exigeant peut offrir un niveau de plaisir qui rivalise avec celui d’une McLaren de course, à condition de rester celle ou celui qui tient réellement le volant.














