Mercredi 16 avril

2ème jour : Première balafre
Après une nuit courte mais réparatrice, nous découvrons la MG pleine de givre dans le parc fermé de Beaune. Grattage du pare-brise à la carte bancaire et chauffe du moteur plus de 30 minutes, bloc en fonte oblige.
8h20 : Nous prenons le départ pour un premier parcours routier de toute beauté. Le soleil rasant, le ciel bleu, et les bas-côtés parfaitement givrés nous délivrent un décor extraordinaire. Après de belles montées en lacets, nous voici au sommet d'un mont. La vallée et ses forêts se découvrent du brouillard matinal. Quelques virages serrés plus tard, nous voici dans la traversée de splendides villages typiques de Bourgogne. Le plaisir est absolu et la MG respire à pleins poumons cet air frais du matin. Jean-Michel et moi nous satisfaisons alors d'avoir déniché un engin avec une telle préparation. Nous nous enivrons pendant plus de deux heures à enchaîner les courbes rapides et les lacets serrés en jouant du talon pointe et en savourant l'utilisation de l'over-drive électrique sur la 3 et la 4. Le moteur n'a aucune inertie et les petits coups de gaz au rétrogradage nous rendent accros !!
10h35 : Spéciale de Beuvret-Val d'Arroux
Scénario inversé par rapport à hier, je prends le manche en spéciale, Jean-Michel attaquera le circuit de Magny-Cours. Je me concentre, adopte une respiration régulière et me lance à l'attaque. Les virages s'enchaînent, les freinages aussi alors que les arbres et les ravins s'alignent en face. Les 6 km se déroulent finalement très vite, je termine avec le sentiment du travail accompli. Nous retrouvons notre mécanicien pour un contrôle de routine, tout est ok ! Encore 160 km à parcourir pour rejoindre Magny-Cours. Les paysages nous enchantent, je profite pendant 50 km de mener le train avec une Jaguar E et une Porsche 356.
12h20 : Circuit de Magny-Cours
Jean-Michel n'a pas le temps de souffler la mise en grille est immédiate. A lui la parole pour le récit de sa course :
"Je dois bien avouer une chose, et pourtant, je n'ai pas le compliment facile, Nicolas pour une première en rallye me bluffe, pas une faute d'interprétation du road-book, une maîtrise totale des subtilités de cet exercice si particulier. La classe, quoi ! Après cette première spéciale, voici mon tour à Magny-Cours. La mise en pré-grille est toujours un moment fort où on s'auto-raisonne pour ne pas faire la boulette qui pourrait ruiner le rêve. Dès que les essais démarrent on oublie tout et je tente d'être propre pour faire un temps. A la mise en grille, je suis surpris d'être appelé en 9ème position (sur 36) devant moult Ferrari et autres Alfa vitaminées, et même devant Sir Stirling Moss. Nicolas, mon co-équipier, Nicolas, notre mécanicien, Julie et Fabrice dans les stands font des bonds et lèvent le pouce pour me féliciter. Ca fait gravement plaisir. Ce n'est pas une raison pour se déconcentrer et se prendre pour une star. Dès le départ de la course c'est très chaud, les courses en peloton avec des voitures qui dansent partout autour de vous ont un côté irréel, presque un film au ralenti. Je me "fais" quelques Ferrari dans les parties lentes et elles me déposent dans les lignes droites. A un moment je ferraille avec Stirling Moss et il me montre qu'il a de beaux restes en me prouvant qu'il n'était pas à sa vraie place sur la grille. Je me fais une énorme chaleur au moment où une Ferrari 275 explose son moteur dans la descente avant une courbe en seconde, alors que nous sommes quatre en bagarre. L'huile répandue sur la piste nous fait faire à tous des figures pas très orthodoxes et je suis celui qui s'en sort le mieux en évitant la sortie. Juste un petit tête à queue à l'amorce du dernier tour alors que je suis en bagarre avec une Austin Healey que je repasse avant le drapeau à damiers. Ouf, l'honneur est sauf. Résultat 13ème sur 36. Je suis heureux, il fais beau, c'est top ! J'allais juste oublier un fait de course qui aurait pu mal se terminer, je me suis retrouvé pris en sandwich entre une Alfa GTA et une Ferrari 275 GTB. Résultat : un phare abîmé et un peu de tôle froissé sur l'aile avant..."
15h02 :
Nous quittons le circuit pour rejoindre Vichy où nous pourrons nous occuper de la MG. L'heure est grave, l'anglaise est pourrie de boue, de bouses, de poussière de plaquette et autres coléoptères... Pas de station de lavage, qu'à cela ne tienne, nous descendons sur les bords de l'Allier avec une bouteille de Vittel ( !!!! ) vide et nous voici au lavage de la belle à l'eau de Vichy. Une petite cure jouvance et la voici toute pimpante pour s'exposer au public dans le Parc des Sources.
Fin de cette seconde journée magnifique, sous le soleil. Nous commençons à emmagasiner de l'expérience, à comprendre la voiture et à nous prendre au jeu pour bien figurer. Ce soir, 54ème sur 113 à l'indice de performance de la spéciale et 46ème à Magny-Cours. Au regard du matériel de nos concurrents nous sommes aux anges !!!

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